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  • 7/31/2019 2006 DSTP Types d'Arguments Dans Le Discours Scientifique

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    Anca G, Universit Dunrea de Jos de Galai, ROUMANIE

    Argumentation et types d'argument

    dans le discours scientifique

    "l'attitude scientifique n'est que le prolongement de l'attitude naturelle (Piguet 1960: 57)

    1. IntroductionLe discours scientifique est considr, dans tout ce qui suit, une instance du discours public parce qu'il est denature dialogale et quil suppose un auditoire reprsent par un ensemble d'auditeurs qui peuvent devenir

    parfois des interlocuteurs. En outre, il est mdiatis par le biais des publications scientifiques et par le biaisde runions, colloques, confrences, congrs au sein desquels se font entendre des dbats entre lesspcialistes dun domaine scientifique plus ou moins circonscrit.

    Les divers types de discours public, intentions et structures trs varies et diffrentes, ont tous encommun le caractre du destinataire / interlocuteur, qui est public, collectif. Je fais la distinction entredestinataire et interlocuteur dans le sens que le premier est cens pouvoir, souhaiter, et dans certains cas,devoir ragir, tandis que le deuxime est cens pouvoir, souhaiter, et devoir ragir sous forme discursive. Lacommunication scientifique est essentiellement discursive, c'est--dire elle se fait essentiellement par le biais

    du discours, c'est une forme de communication verbale et verbalisante (elle exige l'appel la parole, lalangue, au discours). [1]

    2. Le discours scientifique comme discours dans lespace publicDans le cas du discours scientifique, le public est restreint une communaut de spcialistes qui ont encommun avec l'nonciateur un certain nombre de croyances et de savoirs. Les instances de communicationscientifique accomplie travers un canal de communication scientifique se rpartissent en deuxcatgories: 1) les publications scientifiques, reprsentes par un grand ensemble de traits, livres, cours,manuels et revues scientifiques qui n'ont pas tous les mmes caractristiques; si les manuels, les cours etcertains priodiques ont un but plutt informatif et explicatif, avec parfois un objectif de vulgarisation, les

    publications scientifiques proprement dites, runisssant des articles scientifiques, ont un caractre

    argumentatif; 2) les communications scientifiques dans le cadre des manifestations scientifiques; elles setrouvent l'origine des dbats scientifiques sous la forme des discussions en fin de prsentation, des tablesrondes qui en dcoulent, o le discours prend le plus souvent un caractre argumentatif marqu, accdantaccessoirement la polmique.

    Comme dans le cas de tout discours public, le groupe de destinataires / interlocuteurs est en partiedfini abstraitement (cf. Astolfi et al. 1998: 31) et en partie construit mesure que le discours se dploie,dans le sens que l'nonciateur communique au destinataire des croyances et des savoirs nouveaux. ladiffrence d'autres types de discours, o les croyances et les savoirs communiqus ne sont pasncessairement pris en charge comme vrais par le destinataire, on peut supposer que le propre de toutdiscours scientifique serait que ces croyances et savoirs sont partags par le destinataire, c'est--dire, ici, prisen charge comme vrais par au moins une partie du groupe auquel le discours s'adresse. On verra plus loinque la preuve de cette prise en charge comme la preuve de la non-prise en charge sont reprsentes, entre

    autres, par des procds polyphoniques de reprise et de rapport de certains fragments de discours sous laforme des citations, rfrences, bibliographies, etc. qui jouent galement comme instances d'argumentation.Le discours scientifique ne reprsente (presque) jamais une prise de parole sans rapport avec d'autres

    changes. Il s'inscrit toujours dans une tradition interactive communicative. De par l, comme tout discourset comme toute action sociale, il possde deux composantes: l'une, ractive et l'autre, initiative. Lacomposante ractive du discours scientifique est reprsente par le cadre de rfrence de chaque instance dediscours, qui, d'une part, le prcise (les disciplines, les thories) et, d'autre part, lui donne un objet. Lacomposante initiative du discours scientifique correspond la formulation d'une question de dbat ou derecherche partir d'hypothses. Formuler une question de recherche ou de dbat scientifique revient toujours rtrcir soit une simple question de dbat ordinaire (c'est plutt le cas des sciences sociales), soit unequestion de dbat ou de recherche scientifique particulire. Ce rtrcissement va de pair avec une dfinition,une description et une prcision de l'objet et un approfondissement du domaine. C'est pourquoi on peut

    souscrire aux affirmations suivantes: le discours scientifique transforme l'objet dont on parle du statut deobjet-das en objet-was [il] est toujours rapport un objet qu'il n'est pas, et il joue le rle de principe dedtermination de cet objet (Piguet 1960: 58). De ce fait, le discours scientifique peut tre considr comme

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    instance de construction de savoirs, qui, mesure qu'ils se prcisent, deviennent des croyances, desconnaissances et des savoirs scientifiques (chez le destinataire / interlocuteur, mais aussi chez lnonciateur).Ce qui correspond en grande partie la construction de nouveaux cadres de rfrence, la construction dedomaines et de disciplines scientifiques.

    Le discours scientifique, comme la plupart des discours publics, est prpar l'avance, il a donc uneorganisation rigoureuse, tudie au point de vue de l'nonciation et de la structuration linguistique. Pourchaque domaine, science ou discipline, on dispose: 1)d'un inventaire conceptuel, 2) de termes en mesure de

    rendre maniable cet inventaire par les oprations discursives, 3) des oprations discursives mmes,auxquelles j'intgre ici principalement les thormes, les lois, les dfinitions. Ces oprations discursives

    peuvent tre reprsents comme des actes de langage complexes organiss mthodiquement.Si l'on se pose la question de l'identit de l'nonciateur, qui exige une attention particulire la mesure

    de sa complexit, on peut accepter comme point de dpart la remarque suivante: l'auteur des paroles tenuespar les savants est moins un savant parmi d'autres, que la langue scientifique elle-mme, parle plus oumoins justement par divers savants c'est le discours scientifique lui-mme qui est au fond l'auteur des

    paroles tenues en son nom. (Piguet 1960: 59) Pourtant, il ne faut pas laisser de ct la part inhrente departiculier dans ce type de communication: qui parle, qui, et dans quel contexte prcis? La reprsentationque l'nonciateur se donne du destinataire de ses propos comporte des lments de certitude concernantcelui-ci: la comprhension de la terminologie; la comprhension des phnomnes et des objectifs de

    recherche; les comptences scientifiques; la reconnaissance des modles exprimentaux utiliss et acceptspar la communaut scientifique; la connaissance des thories, des mthodes et des recherches antrieures;l'esprit attentif et critique; la capacit d'apprcier et d'valuer les lments nouveaux. Par ces caractristiques,le discours scientifique s'inscrit dans une tradition.

    l'oppos du discours ordinaire pratiqu dans la communication usuelle, le discours scientifique est levhicule de la communication scientifique, qui suppose une explicitation des contenus vhiculs. Des

    points de vue normatif et descriptif la fois, dans la communication scientifique la part de l'implicite et del'allusif est rduite au minimum. (Briet et al. 1998: 9) Mais des diffrences peuvent tre enregistres dans lamanire de construction du discours scientifique en fonction de la tradition culturelle, ce qui implique qued'une civilisation une autre la rhtorique du discours scientifique peut varier (Briet et al. 1998: 9) [2].

    On peut voquer aussi la question de la professionalisation d'une science qui va de pair avec leraffinement discursif. L'tude du discours scientifique a permis l'identification de 15 indices qui signalent

    cette professionnalisation, parmi lesquels les six premiers comme importance sont: l'emploi croissant desnominalisations; les interruptions sujet-verbe; les citations; la terminologie technique; la simplicit desphrases; les reprsentations graphiques denses (tableaux, graphes). (Battalio 1998: xviii)

    D'autres facteurs peuvent tre aussi pris en compte lors d'une analyse du discours scientifique, commepar exemple: la longueurdes phrases; le mtadiscours (renvoyant au raisonnement de l'auteur, la structuredu discours mme, l'acte de lecture); l'emploi des pronoms personnels; les marques impersonnelles; les

    formes verbales (constructions, verbes de rapport, temps, modes); lasubordination; les videntiels, ou indices/ marques d'videntialit (fiabilit videntielle, croyance, dduction, ou-dire, induction, citation, donnessensorielles, attentes).

    3. Discours scientifique et argumentationConformment l'enseignement d'Aristote, les bases d'une argumentation sont reprsentes par le logos

    (l'appel la logique et au raisonnement), l'ethos (les caractristiques de l'orateur: qualits, comptences,qualifications, exprience) et le pathos (l'appel aux sentiments de l'auditoire). Dans le discours scientifique,toutefois, le dernier aspect est cens tre absent, d'abord d'un point de vue normatif puisque le discoursscientifique repose avant tout sur l'appel la logique et au raisonnement. Le discours scientifique n'est donc

    pas compatible avec certains systmes: le pathos (motions, sentiments), l'esthtique (qui fait appel toujoursaux motions, mais d'ordre esthtique dans ce cas; v. pourtant infra, sur les Lieux), lepolmique (qui cde la

    place simplement la rfutation), lepolitique (Battalio 1991: 81).Puisqu'il est vhicule de modles, de valeurs et de faits, puisqu'il anime d'un sentiment

    communautaire, le discours scientifique acquiert des valences symboliques et se caractrise par plusieurscomposantes caractre persuasif: 1. l'tude et l'imitation des paradigmes reconnus et admis pendant la

    priode de formation et initiation un certain domaine scientifique (cette tape est gnralement franchie aubout des tudes universitaires; certains s'arrtent l dans leur exploit scientifique et se dirigent vers laprofessionalisation et, du point de vue communicationnel et discursif, adoptent la communicationprofessionnelle et les discours professionnels, qui ne sont pas moins persuasifs); 2. la cration de nouveauxparadigmes; 3. le contexte dtermin par des variables (financement, base matrielle, intrt des collgues);

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    4. le public auquel il est adress; 5. la rationalit, dirige vers la solution de problmes; 6. l'invention /inventivit.

    Le rle que joue l'argumentation dans le discours scientifique n'est gure ngliger: Quoi que lascience puisse tre d'autre, elle est aussi argumentation concernant des problmes situs auxquels seconfrontent des publics spcifiques qui doivent se prononcer sur la rationalit des thses qui portent sur cette

    problmatique (Prelli 2001: 73-74) [3]. Cette assertion propose en ralit plusieurs pistes de rflexionauxquelles il faut s'intresser dans la discussion sur l'argumentation scientifique: la rationalit de la

    dmarche, l'objet du discours scientifique les problmes scientifiques -, et les acteurs qui participent l'change (qui sont dtermins par plusieurs contraintes). On voit ainsi s'esquisser le champ de toute une airede questionnement et de recherche scientifiques: l'argumentation scientifique.

    On considre que l'un des principes de base sur lequel repose l'argumentation scientifique consiste soutenir une thse de manire rationnelle, tout en prenant en charge et ventuellement en largissant lesconnaissances et la comprhension du monde caractristiques d'une certaine communaut (Prelli 2001: 65)[4]. C'est de cette manire qu'on peut donner des rponses aux problmes scientifiques. La rationalit de ladmarche sera la mesure des moyens mis en uvre pour l'clairement de la problmatique et pour larecherche des solutions. Une argumentation scientifique se construit toujours afin d'appuyer et de dfendreune conclusion scientifique. Ainsi, le discours des sciences peut-il tre vu comme la meilleure illustration dece que doit tre un discours raisonn. Pour que l'argumentation soit bien construite et donc efficace, ses bases

    doivent tre reprsentes par des donnes empiriques fiables et un raisonnement logique valide. (cf. Derry1999: 89)Les obstacles qui se posent la volont d'une communaut scientifique de continuer comprendre ou

    largir sa comprhension du monde sont des problmes scientifiques. Le discours scientifique porte doncsur des problmes scientifiques, et propose des voies scientifiques de solution sous la forme des thses

    proposes au public scientifique. Comme les problmes scientifiques mmes, les thses sont de naturevidentielle, si elles concernent les donnes, interprtative, si elles concernent les construits scientifiques(les thories, les approches, les principes, les perspectives d'tude et les interprtations qu'on donne desthories, des donnes et des phnomnes), mthodologique, si elles concernent les divers procds etmthodes, et valuative, si elles portent sur la signification et l'importance des problmes en question et dessolutions qui leur sont donnes. (cf. aussi Prelli 2001: 65) [5]

    cette systmatisation de la nature des problmes scientifiques, il faut ajouter les distinctions opres

    par la rhtorique classique entre les divers types d'apects qui peuvent caractriser un problme: l'aspectconjecturalpeut tre pris en compte tant pour ce qui existe que pour ce qui n'existe pas; l'aspect dfinitionnelconcerne le sens de ce qui existe; l'aspect ou les aspects qualitatif(s) porte(nt) sur les manires dont ce quiexiste et a un sens fonctionne dans un contexte plus ou moins particulier; l'aspect ou les aspects translatif(s)concerne(nt) les actions et les procdures qui conviennent mieux la solution des problmes situs (cf. Prelli2001: 66).

    4. Lieux / Topo

    "Quand il s'agit de fonder des valeurs ou des hirachies, ou de renforcer l'intensit de l'adhsion qu'elles suscitent, onpeut les rattacher d'autres valeurs ou d'autres hirarchies, pour les consolider, mais on peut aussi avoir recours desprmisses d'ordre trs gnral, que nous qualifierons du nom de lieux, les , d'o drivent les Topiques, ou traitsconsacrs au raisonnement dialectique. les lieux dsignent des rubriques sous lesquelles on peut classer lesarguments, des magasins d'arguments.(Perelman et Olbrechts-Tyteca 1958: 112; cf. aussi Cicron, Topiques, II, 7;Partitiones oratoriae, 5; Quintilien, vol.II, liv. 5, chap. X, 20.

    Dans ce mme contexte, il reste encore aborder un aspect li l'activit d'argumentation, savoir lestopo, ou loci, ou bien ces espaces conceptuels (Lieux) o peuvent tre retrouvs les types d'arguments les

    plus adquats, les plus pertinents (j'utilise le terme avec le sens que lui donne la Thorie de la pertinence)dans un co(n)texte prcis. Une classe de Lieux Scientifiques est celle qui runit les Lieux de l'ethosscientifique: universalit, communaut, dsintrt, scpticisme organis.

    L'argumentation scientifique repose, d'autre part, sur des Lieux Scientifiques qu'on peut organiser entrois autres classes:1. pour la solution des problmes:

    Lieux des forces explicative, prdictive et gnralisante; ces forces, plus particulirement, sont desLieux plus convenables l'argumentation sur des questions thoriques et la solution des problmes(cf. l'analyse topique propose et illustre par Prelli 2001: 66 et sv.);

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    Lieux de la taxonomie, de l'anomalie scientifique, de laprcision / adquation empirique (comptencesexprimentale et d'observation), de la reproduction (des phnomnes), de la corroboration;

    2. pour l'valuation:Lieux de la clart, de la cohrence extrieure (avec les savoirs) et intrieure (avec les divers lmentsde la recherche), de l'extension du domaine (que fait profiter la recherche), de l'originalit, de la

    simplicit de prsentation, de lafertilit, de la conformit esthtique (symtrie, quilibre des modles etdes reprsentations);

    3. pour l'illustration:Lieux de l'analogie, de l'exemple et de la mtaphore.Lorganisation rigoureuse des articles et des communications scientifiques est la preuve du fait que

    l'activit d'laboration du discours scientifique (peut-tre le plus laborieux construire) repose sur unelogique des Lieux - une logique pratique topique -, ou bien une logique rhtorique de l'argumentation(Prelli 2001: 74). C'est ainsi que se construit une rhtorique de la science, soutenue par une dialectique

    scientifique, qui peut se dfinir comme la logique qui valide la rhtorique scientifique etqui reprsente unsupport pour les hommes de science dans leurs activits de slection, interprtation et application des

    principes mthodologiques particuliers, de justification des prmisses initiales, de soutien ou de rejet deshypothses scientifiques. (cf. Pera 1994: 108)

    Enfin, discuter du statut de l'argumentation dans le discours scientifique, revient toujours prendre en

    compte les acteurs, et discuter propos d'un argument et de sa construction en troite relation avec:1) les identits respectives de celui qui l'nonce et de celui ou ceux qui il est destin;2) le canal ou mdium ou support qui le porte;3) l'espace culturel o il est produit, reu et interprt;4) l'objet du discours scientifique mme.

    Les publics scientifiques participent intimement lidentification des prmisses et des conclusionsimplicites et ont la capacit d'extrapoler partir de cas particuliers et d'exemples. En outre, ils dcident de larationalit d'une thse conformment des critres quasi-gnraux ou dtermins par la tradition, la pratique,l'exprience, l'entranement au raisonnement scientifique, la connaissance de la mthodologie de recherche.

    Tout discours scientifique peut tre ainsi conu comme une rflexion d'autres discours, car les thsesqu'il propose portent sur des problmes scientifiques et des thses ailleurs dbattues et proposes,respectivement.

    5. Argumentation, types darguments et marqueurs linguistiques dans le discours scientifiqueLa prsentation qui suit a pour but de mettre en vidence des structures linguistiques qui peuvent treconsidres comme des marqueurs de quelques types et sous-types darguments qui peuvent tre identifiscomme des constantes du discours scientifique et du discours de vulgarisation scientifique. [6] Cesarguments servent dhabitude tayer plusieurs types de thses, que lon pourrait formuler ainsi:

    1) une thse caractre universel de la science et des scientifiques, savoir celle conformment laquelle la recherche scientifique est justifie / conduit des dcouvertes utiles / fonctionnelles / bnfiquesau progrs de lhumanit;

    2) une thse caractre gnral des scientifiques, savoir celle conformment laquelle touterecherche particulire est au profit de la science / de lhumanit en son ensemble / dune communautidentifie comme telle;

    3) une thse caractre particulier des scientifiques engags dans une recherche, savoir celleconformment laquelle la recherche prsente est de nature faire progresser la science / la discipline dansles cadres desquels ils travaillent;

    4) une thse caractre individuel - des scientifiques engags dans une recherche, savoir celleconformment laquelle la recherche entreprise et les conclusions obtenues font effectivement avancer leurdomaine de par leur originalit, mthode de recherche, etc.

    de telles thses, implicites dans le discours scientifique, sajoutent les points de vue particuliersformuls par les scientifiques dans les cadres de leurs recherches diverses, qui pourront, leur tour, tresoutenus par des arguments du mme type que ceux prsents ci-dessous et dautres divers types.

    6. L'argument par le fait

    6.1. Largument de l'existence /de linexistence

    La formule type serait

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    X existe / nexiste pas / est (presque / peu prs / quasiment) inexistant

    Le point de vue formul de manire implicite par linterviewer dans lextrait ci-dessous, concernantlamlioration de la redistribution des contributions la Scurit sociale en Suisse, est attaqu par lescientifique qui le nie partiellement, pour ce qui est de lAVS:

    O voyez-vous un potentiel damlioration ?

    K: Il est presque inexistant du ct de lAVS qui, avec des rentes plafonnes, produit une claireredistribution des richesses du haut vers le bas. [Horizons 61: 5]

    6.2. Largument de / par la preuve

    La formule type peut tre identifie sous

    (La dcouverte de) X est une preuve / nest pas une preuve

    La dcouverte de preuves sert dans la science la validation des modles thoriques, des thoriesformules sans appui exprimental:

    Outre leur valeur intrinsque, ces dcouvertes archologiques rendent un fier service aux gographes:Elles permettent de valider les modles climatiques, ainsi que leurs consquences. Il sagit donc duneapplication de la climatologie. Mais aussi dun processus itratif qui nous permet davancer dans lesrecherches dans cette branche. [Horizons 61: 11]

    De mme, dans lextrait suivant, qui illustre la force de largument par la preuve:

    Pour la premire fois, dans une tude publie dans Science en octobre 2002, le gographe M. G. et sonquipe ont puprouver, grce divers objets mis au jour(pointes de flches, os, etc.), que cette absencehumaine tait due au climat aride rgnant dans cette rgion, alors quavant 9000 et aprs 4500 B.P.*, cedsert tait une zone humide o stalaient lacs et vgtation. Les modles thoriques trouvaient l unetonnante vrification. (* B.P. = Before Present, en anglais, cest--dire avant 1950) [Horizons 61: 10]

    6.3. Largument par la dfinition

    X se dfinit comme / reprsente / est / serait Le terme X signifie

    Les dfinitions, surtout les dfinitions descriptives, peuvent tre invoques comme des arguments denature quasi-logique (Perelman & Olbrechts-Tyteca 1958: 282-288). Les dfinitions ont ainsi un usageargumentatif qui suppose la possibilit de dfinitions multiples, empruntes lusage ou cres par lauteur,entre lesquelles il est indispensable de faire un choix (Idem: 288). Dans lextrait ci-dessous, un scientifique

    plaide, par le biais de la dfinition, en faveur de lide quune symbiose dun type particulier sestdveloppe entre gramines, mouches et champignons, lencontre dun point de vue communmentrpandu, conformment auquel une symbiose devrait avoir des avantages pour les organismes entre lesquelsstablit une telle relation:

    A. L. avait tout dabord tudi la symbiose existant entre la gramine et le champignon avant deconstater le rle jou par la mouche. Ces partenaires forment ainsi un mnage trois dans lequel ltat dedpendance nest pas le mme pour tous. Seuls, la mouche et le champignon auraient des difficults, alorsque la gramine pourrait plutt mieux sen tirer sans les deux autres. On peut malgr tout parler desymbiose car, selon le professeur, ce terme signifie lorigine simplement vie commune, quelle soit utileou nuisible. [Horizons 61: 22]

    La dfinition tablit une identit entre les termes de lquivalence, qui deviennent ainsi substituables du pointde vue logique.

    6.4. Largument de la quantit

    Largument de la quantit repose sur lidentification dune diffrence entre des valeurs numriques,quantitatives, la supriorit s'appliquant aussi bien aux valeurs positives que ngatives (Perelman &Olbrechts-Tyteca 1958: 115). La formule gnrale dun tel argument serait

    X est en quantit plus grande / rduite que

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    6.4.1. Largument du nombreX est du nombre de / mesure / pse / se situe une profondeur /distance de / est quantifi

    Dans lextrait suivant, le locuteur donne pour argument explicite le nombre dannes plus rduit quiplaide en faveur de lincapacit des antibiotiques rsoudre tous les problmes poss par les virus:

    V. F. cherchait justement des gens pour un nouveau projet. Les virus spcifiques aux bactries, lebactriophages, y jouaient un rle essentiel. F. voulait exploiter la capacit des enzymes des virus dtruire la membrane de leur victime. En effet, ces enzymes possdent deux avantages par rapport auxantibiotiques usuels: ils sont spcifiques une bactrie donne et le risque que les bactries dveloppentune rsistance est faible. Notre meilleur argument est que les virus ont eu des millions dannes pourtrouver le point dattaque parfait, alors que les antibiotiques nen ont eu que cinquante, souligne J. L.[Horizons 55: 33]

    Largument de la quantit faible fonctionne dans ce cas implicitement comme argument contre la thseconcernant lefficacit des antibiotiques ordinaires, utiliss depuis seulement cinquante ans. Le nombrerduit est valoris argumentativement par rapport au grand nombre, qui sert dargument en faveur de la thseque les antibiotiques base denzymes de virus seraient plus efficaces.

    6.4.2. Largument de la proportionX est directement / inversement proportionnel X est / nest pas, en proportion, plus lev / rduit que

    Dans lextrait ci-dessous, largument de la proportion plaide en faveur de limpossibilit descontributions des personnes hauts revenus la Scurit sociale de couvrir, par redistribution, les besoinsdes personnes bas revenus:

    Les personnes haut revenu paient lAVS plus quelles ne touchent durat leur retraite, mais lemontant de leurs contributions nest, en proportion, pas plus lev que celui des bas revenus. [Horizons 61: 5]

    Le point de vue des chercheurs explicit dans le titre de larticle, Ce sont les faibles qui paient leplus, est soutenu par cet argument.

    6.4.3. Largument de la durabilit

    X est valable sur une dure suprieure Y / sur la plupart du temps

    6.4.4. Largument du probable

    X est probable par rapport Y, qui est improbable / possible

    6.5. Largument de la compltude

    X est completOn a des connaissances compltes sur X

    6.6. Largument de la normalit / de l'habitude

    X (vnement) est normal / habituel

    6.7. Largument de la qualit

    Largument de la qualit est utilis lorsque largument de la quantit nest pas jug comme suffisammentfort, pertinent ou que le nombre nest pas important de par la nature de ce dont on parle ou quil nest passuffisamment grand: Les lieux de la qualit apparaissent, dans l'argumentation, et sont le mieux saisissables,quand l'on conteste la vertu du nombre. (Perelman et Olbrechts-Tyteca 1958: 119)

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    X se caractrise par / a les caractristiques suivantes

    Largument de la raret, de la difficult, de l'exception, de l'unicit, de la nouveaut, de l'originalit, de la

    prcarit, de l'irrparable, de l'irrversible

    X est rare / difficile concevoir / exceptionnel / unique / nouveau / original / prcaire / irrparable /irrversible / n'est pas habituel / divers

    Dans lextrait suivant, on valorise certaines proprits de lantimatire pour argumenter en faveur de lapossibilit oferte par celles-ci aux chercheurs dexplorer davantage cet univers:

    Pour la premire fois, on pourra faire des mesures physiques sur de lantimatire, car celle-ci est froideet donc lente !, senthousiasme le physicien Claude Amsler [Horizons 55: 7]

    Dans un autre extrait, on met en vidence le caractre de nouveaut pour le valoriser par rapport cequi est dj (re)connu, admis:

    Lenthousiasme est une qualit que J. L. apprcie particulirement chez ses collgues amricains: Leurdevise: Think big! Les nouvelles ides doivent tre soutenues et ce nest pas si grave si elles

    naboutissent pas. En Suisse, en revanche, on pense ds le dbut tous les problmes qui pourraient seposer. Nous, les Suisses, gardons volontiers notre science sous les boisseau. [Horizons 55: 33]

    On peut valoriser soit l'opposition entre unique et multiple, soit entre unique et divers. Ainsi, lavalorisation des proprits fonctionne argumentativement: ce que nous considrons comme une valeurconcrte nous parat unique, mais c'est ce qui nous parat unique qui nous devient prcieux (Perelman etOlbrechts-Tyteca 1958: 120):

    Le 17 mars 1905, Einstein prsente sa premire ide de gnie dans les pages de la revue Annalen derPhysik. Il s'agit d'un travail sur le rayonnement et sur les proprits nergtiques de la lumire, et il estrvolutionnaire", crit-il son ami C. H. [Horizons 64: 11]

    "On parlera peut-tre dans un discours scientifique de la deuxime loi de la thermodynamique, maiscelle-ci ne sera considre comme argument de l'irrparable que si l'on attribue une valeur un certain tatde l'univers. (Perelman et Olbrechts-Tyteca 1958: 123)

    6.8. Largument par l'exemple

    Largument par lexemple sert dhabitude soutenir un point de vue par la mise en discours dune situationparticulire cense tayer une thse scientifique ou appartenant des scientifiques. Il est d'habitude considrcomme valide s'il est combin avec un argument de la quantit positive. Les sous-types de largument parlexemple peuvent se retouver sous des expressions linguistiques diverses qui explicitent lide dillustration,dexprience, dobservation.

    6.8.1. Largument par l'illustration

    Ce sous-type dargument peut se rencontrer, de manire explicite sous une formule du type

    X illustre / est une illustration de

    Mais le cas le plus vident demploi dun tel argument est peut-tre celui laide duquel on soutient unethse par des illustrations implicites, savoir par lintermdiaire de reprsentations graphiques (tableaux,dessins) et, plus particulirement, de photographies, prises laide du microscope, des tlscopes, dautresquipements de haute technologie permettant des illustrations spectaculaires, accompagnes de lgendes ouexplications concernant les lments peu dchiffrables ou compltement opaques des photos en question. Lesextraits suivants sont de courts textes (parfois des phases nominales) accompagnant des photos prises aumicroscope:

    Les filaments du champignon (lignes bleues) se propagent de la plante mre aux semences.

    Traces laisses par les larves sur la fructification du champignon.

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    Les filaments du champignon (lignes bleues) croissent entre les cellules vgtales travers toute lagramine.

    [Horizons 61: 23]

    Dans dautres cas, si le texte de larticle est suffisamment clair, seule la photo en question est donne sansprcisions exprime sous forme linguistique.

    6.8.2. Largument de l'exprience

    Les diverses formules explicitent lide dexprience, comme dans lextrait ci-dessous:

    Ainsi, lexprienceaurait dj produit et dtect 50 000 antiatomes. [Horizons 55: 7]

    6.8.3. Largument par l'observation

    Dune manire semblable, les chercheurs prcisent souvent dans leurs prsentations des tudes qu la basedune thse quils proposent la communaut scientifique se trouvent des observations qui tayent en fait unmodle thorique, le confirmant parfois:

    On observe que ces toiles massives naissent parfois par paquet, ce quon appelle gnralement des

    starbusts ou en franais des flambes dtoiles. On sen est aperu en observant des galaxies voisines la ntre. Il y en a un exemple trs intressant dans la rgion 30 Daurade qui appartient au Nuage deMagellan. Cela nous a permis de comprendre pas mal de choses sur la gense et linfluence de cesflambes. [Horizons 55: 18]

    7. Quelques arguments en contexteLes deux exemples de textes ci-dessous prsentent, de manire schmatique, les squences quon a puidentifier dans les contextes respectifs comme argumentatives, avec une mise en vedette des expressionslinguistiques qui correspondent, comme des marqueurs, aux diffrents arguments. Il y en a, parmi lesarguments identifis dans ces textes, qui nont pas t discut dans le corps de larticle [7], mais qui sontaussi intressants et importants que les autres (largument de la thorie, largument de la notorit):

    Le dveloppement d'outils miniaturiss ncessite une bonne connaissance des proprits mcaniques desnanomatriaux. La solidit et la duret d'un mtal, constitu d'une multitude de petits cristaux (ou grains),sont inversement proportionnelles [argument de la proportion] la taille de ces grains. Cependant, au-dessous d'une certaine taillle, ces constatations ne sont plus valables.Lorsqu'un chantillon de nickel, dontla taille des grains est suprieure 100 nm (1 nm = 10 9 m) subit [argument de l'exprience] unedformation plastique* [argument de l'irrversibilit], les mcanismes de dformation l'uvre laissentune empreinte. La diffraction des rayons X permet de la mettre en vidence. [argument de l'observation]Ce qui se passe au-dessous de ce seuil de 100 nm est encore nimb de mystre. [argument de ladifficult, appel au pathos]Afin de lever le voile sur le monde de l'infiniment petit, Zelijka Budrovic etHelena Van Swygenhoven, de l'Institut Paul Scherrer (PSI), ont dvelopp de nouvelles [argument del'originalit]mthodes d'investigation permettant d'observer la dformation de tels matriaux en tempsrel. Combines aux travaux thoriques en cours[argument de la thorie], elles permettront d'en savoirplus [argument de la quantit] sur les mcanismes de dformation actifs l'chelle nanoscopique. C'est

    l'aide du nouveau [argument de l'originalit] synchrotron Swiss Light Source du PSI et d'un dtecteuradapt leurs besoins que les scientifiques ont analys des chantillons durant leur dformation.[argument de l'exprience] Une surprise [appel au pathos] de taille les attendait: l'empreinte n'est pasapparue! [appel au pathos] (Une dformation est dite plastique lorsqu'elle est irrversible.)

    [Horizons 61: 6]

    En forant la calotte glaciaire antarctique jusqu' une profondeur de 3270 mtres [argument du nombre],les chercheurs du projet europen EPICA, soutenu notamment par le Fonds national suisse [argument dela notorit], ont ramen la surface des glaces vieilles d'au moins 900000 ans [argument du nombre].Elles constituent les plus vieilles [argument de l'originalit] archives climatiques et atmosphriqueslivres par le continent blanc.C'est sur le site pour le moins inhospitalier[appel au pathos] de Dome C, dans l'est de l'Antarctique, queles scientifiques ont tabli ce nouveau record. Une temprature moyenne de 54C [argument du

    nombre] ne leur a pas facilit [argument de la difficult]la tche![appel au pathos]Le forage s'est interrompu seulement cinq mtres [argument du nombre] du soubassement rocheux: cette profondeur, la glace atteint en effet sa temprature de fusion [argument de la thorie], et leschercheurs n'ont pas voulu courir le risque de contaminer les eaux souterraines [argument du probable].

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    [Horizons 64: 6]

    8. De l'argument politique tay par largument par le faitLargument politique peut tre reprsent comme un argument par lequel on prescrit un certain coursd'actions entreprendre, on donne des prescriptions, on adopte la modalit dontique: ce qui doit tre fait,entrepris. Il est pratiqu surtout dans les tudes des sciences sociales mais aussi dans d'autres domaines. Ladistinction qu'on peut faire entre tude scientifique et recherche proprement dite est que le premier type viseen gnral un but initial prescriptif, dans le sens qu'elle est commande, requise par, ou ncessaire , uneinstitution ou un organisme quelconque avec l'objectif de connatre de faon scientifique ou d'tayer sur uneapproche scientifique la direction et le type des mesures prendre en vue d'une dmarche faire, en d'autresmots, une politique quelconque (politique publique, ducationnelle, de recherche, administrative,conomique, commerciale, etc.). La recherche scientifique, la diffrence des tudes scientifiques, se faitavec un but purement pistmique et ontologique, en vue de produire des connaissances sur le monde, et peutaboutir des conclusions d'ordre prescriptif. Les topo invoqus dans les deux cas sont ceux du bien collectif,du mritoire, du convenable, de l'usage, de l'avantage, du profitable, accessoirement de la tradition, de l'espritcivique, nationaliste ou internationaliste, du rationnel, de l'honntet. En gnral, les arguments par les faitsviennent appuyer les arguments politiques. Pour tre convenablement tay, l'argument politique peut

    procder partir des faits, c'est pourquoi, dans ce cas, on peut considrer l'argument par le fait comme un

    sous-type d'argument subordonn l'argument politique.

    9. Remarques finalesLes arguments par les faits peuvent se prsenter parfois sous la forme de prmisses, ne devant pas treexplicits tout instant ou dans tous les cas. Les types et sous-types darguments prsents dans cet articlenpuisent aucunement les typologies possibles, cette prsentation visant une schmatisation des directionsde recherche possibles. Au sein de chaque type dargument pris en discussion peuvent tre identifis dautressous-types et la classification mme des arguments et leur approche peuvent se faire aussi dautres manires.

    Notes

    [1] Je remercie le Laboratoire CNRS Communication et Politique (LCP) de Paris et, plus particulirement, sa directrice adjointe, MmeIsabelle Sourbs-Verger, pour le chaleureux accueil rserv au laboratoire en 2005-2006 et pour le soutien financier accord pour cette

    recherche dans les cadres dune recherche plus ample concernant les Stratgies argumentatives. Je remercie galement Mme MarianneDoury, chercheur scientifique au LCP et directeur de lAtelier de recherche Argumentation, pour les prcieuses suggestions etcommentaires sur mes recherches droules au laboratoire. Les fondements thoriques de cette recherche ont t identifis dans le cadredu stage financ par la Mairie de la Ville de Paris au sein de son programme international de mobilits pour les chercheurs trangers.[2] Dans une note, les mmes auteurs font rfrence la remarque du directeur de la revue scientifique La Recherche qui sugnale queles article rdigs en anglais doivent tre compltement rcrits et non pas simplement traduits lors de leur publication dans la revue, etceci en vertu du fait que la rhtorique du discours scientifique n;est pas la mme dans la culture franaise et dans la culture nord-amricaine", cf. G. Alvarez, Dbats", in Civilisation et communication, Actes de la 1re biennale de l'Alliance franaise, 13-17 juin1983, in Topiques 6, Buenos Aires, 1983, p. 63 (cit par Briet et al. 1998: 9).[3] Whatever else science might be, it is also argumentation abous situated problems that confront audiences who must adjudicate thereasonableness of claims addressed to (73) those problems."[4] a fundamental principle governing scientific argumentation is that reasonable claim making involves maintaining or extendingcomprehension of some part of the natural world that concerns a specific community of interest."[5] Though the specific problems chosen and their formulation vary considerably, we still can make generalisations about the kinds of

    problems scientists address when they make and evaluate arguments about science. () Scientists identify and adress ambiguities ordefects in evidence and data, in prevailing theories and interpretations, in received methods and procedures, and in the significance ofproffered claims for the research community. Respectively, these recurrent kinds of problems or ambiguities are evidential, interpretive,methodological, and evaluative."[6] Cette prsentation nest quune esquisse de typologisation et de possible taxinomie. Elle repose sur une recherche de plus amplesdimensions, dont je donne ici un aperu synthtique. Les exemples ne sont pas puiss de vritables discours scientifiques, mais desarticles de dimensions plus rduites du magazine scientifiqe Horizons, publication du Fonds National de Recherche Scientifique deSuisse. Ces articles sont destins un public plus large qui sintresse aux progrs de la recherche scientifique, ils nutilisent pas uneterminologie trop difficile comprendre et les explications scientifiques sont largement comprhensibles. Telles sont lescaractristiques essentielles qui ont plaid en faveur du choix et de lutilisation de ce corpus pour les exemples de larticle prsent.[7] Pour des raisons despace typographique.

    Sources des exemples

    Horizons, Magazine Suisse de la Recherche, dit par le Fonds Suisse de la Recherche Scientifique, Berne; numros: 55 / dcembre2002; 61 / juin 2004; 64 / mars 2005.

    Rfrences

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    ASTOLFI, Jean-Pierre, liane DAROT, Yvette GINSBURGER-VOGEL & Jacques TOUSSAINT. 1998. Mots-cls de la didactiquedes sciences. De Boeck Universit.

    BATTALIO, John. 1998. The Rhetoric of Science in the Evolution of American Ornithological Discourse. London: Ablex Publishers.BRIET, Genevive, Luc COLLS, Laure DESTERCKE, Azam SEKHAVAT & Alain BLONDEL. 1998. Que voulez-vous dire?

    Comptence culturelle et stratgies didactiques.De Boeck Universit.DERRY, Gregory N. 1999. What Science Is and How It Works. Princeton, NJ: Princeton University Press.HALLIDAY, M. A. K. & J. R. MARTIN. 1993. Writing science, literacy and discursive power. Pittsburgh: University of Pittsburgh

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    PIGUET, J.-Claude. 1960. De l'Esthtique la Mtaphysique. La Haye: Martinus Nijhoff.PERA, Marcello.1994. The Discourses of Science, trad. de l'italien par Clarissa Botsford. Chicago: University of Chicago Press.PRELLI, Lawrence J. 2001. Arguments about Science, in Susan Stocklmayer et al. (eds): 63-81.STOCKLMAYER, Susan M., Michael L. GORE & Chris BRYANT. 2001. Science Communication in Theory and Practice. Kluwer

    Academic Publishers

    ABSTRACT

    The article views scientific discourse as part of a larger realm of discourse, that of the public sphere. It aims at partiallyanswering the following questions: Which standpoints are usually at issue in scientific communication? Which typesand sub-types of arguments can be found in scientific articles and, more generally, in scientific communication? Whichare the linguistic means, or indicators, that are used to present such arguments in discourse? How could such argumentsserve other purposes than solely those of defending the standpoints usually at issue in scientific communication? Themain category of argument identified as specific of scientific discourse is the argument by fact, under the heading of

    which the present research brings the arguments of quantity, of quality, of definition, of example, etc.